Voilà une question redondante dans l'actualité française (et internationale), qui a pris enormément d'ampleur depuis les caricatures de Mahomet publiées l'an dernier.
Je suis loin d'être un spécialiste de l'Islam, je n'y connais d'ailleurs pas grand chose. Mais vu que ce n'est pas un article théologique, j'espère que mes maigres connaissances ne me feront pas écrire trop de conneries...
A ce que j'ai compris de la charia, la loi islamique, il est interdit de représenter le Prophète, ce qui a évidemment outré les milieux religieux musulmans, à tout le moins certains d'entre eux. D'autant que si l'on sort ces caricatures de leur contexte, elles peuvent donner l'impression de traiter toutes et tous les musulmans de terroristes. Mais quand on les prend dans leur contexte, et qu'on s'interroge sur le pourquoi de leur publication, on se rend compte que ce qui était demandé aux douze dessinateurs étaient de donner ler avis sur l'intégrisme islamique... Certes, pour certains cela ne change rien, mais bon. De mon côté, même si ces caricatures n'avaient pas été commandés dans ce but-là, je n'y vois pas matière à provoquer les tollés rencontrés lors de leur publication. Tollés encore plus vives lorsque
Charlie Hebdo les a à son tour publiées. Face à cette publication française, certains politiques ont jugé bon de dire que celle-ci n'était pas utile, et qu'elle ne servait qu'à alimenter la polémique. C'est étrange d'entendre ça dans un pays où la presse est libre...
Le deuxième gros événement lié à la critique de l'Islam date d'il y a quelques semaines, quand le philosophe Robert Redeker a publié dans le Figaro une tribune intitulée "
Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?" (texte intégral ici). Dans celle-ci, il démontre que, comparée à la religion chrétienne, qui transmet un message de paix et d'amour, la religion musulmane elle véhicule à travers son histoire et celle de son prophète haine et violence (ce qui peut aussi s'appliquer à l'histoire de l'Eglise de Rome, entre nous soit dit). Aussitôt cette tribune publiée, des menaces de mort, avec le nom et l'adresse du philosophe, se propagent sur la toile. La police décide donc de le protéger, et il dit devoir changer tous les deux jours de domicile.
Quelques jours passent, sans réaction aucune (ou si peu) des fédérations enseignantes, du gouvernement, ou même des "dignitaires" musulmans. Gilles de Robien, le ministre de l'Education Nationale, va se déclarer "solidaire" du philosophe, mais rappeler qu'"un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances". Cela montre bien les principaux avis émis suite à cette tribune : bien entendu, on condamne les menaces de mort, mais il faut se contenir dans ces propos...
En est-on donc là aujourd'hui ? N'a t-on pas le droit de critiquer ouvertement une religion, de caricaturer des intégristes qui tuent au nom d'un Dieu, de défendre librement son avis, même si il n'est pas partagé par certaines personnes ? Ou bien n'a t-on que le droit de critiquer les dires de Benoit XVI, de carircaturer Buddha, Jésus ou un rabbin lambda, mais absolument pas celui de dire quoique ce soit de déplacé sur l'Islam ?
Si je ne m'abuse, les lois de l'Islam ne doivent être respectées que par ceux qui y croient (et encore, je garde une réserve là-dessus, comme sur le port du voile), mais rien n'empêchent chrétiens, bouddhistes, athées, gnostiques, ou plus simplement non croyant de représenter librement ce que la charria interdit à celles et ceux qui la suivent.
Mais plus que ça, nous sommes dans un pays où la liberté de la presse et la liberté d'expression existe encore un peu, où les Eglises n'ont pas a dicté la vie de tous les citoyens, bref, on devrait pouvoir critiquer quelque chose, sans avoir peur de sortir de chez soi...
N.B : bien entendu, je sais que beaucoup de musulman(e)s exercent leur religion de manière sincère, sans intégrisme aucun. Celles-là et ceux-là doivent se faire entendre, pour que l'image d'un Islam violent et d'une soi-disante islamisation de la France disparaissent pour de bon. Chacun à le droit de vivre suivant sa religion, mais sans oublier que nous sommes dans un Etat de droit, où le droit prime sur le divin...
Pour appeller à calmer la fatwa sur Redeker, faites un tour sur le site du Manifeste des Libertés
Par Zensho
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Publié dans : Société
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